Fluctuat nec mergitur

Je voudrais écrire ce texte en français, parce qu’aujourd’hui mon cœur est à Paris. Il est dans ma capitale parce que je suis née en France, mais mes pensées vont aussi à Beyrouth, en Syrie et partout où la terreur frappe et tue.

Lorsque nous sommes arrivés à Lido, l’une des premières questions que l’on nous a posée a été : « pensez-vous qu’il existe des valeurs universelles ? ». Je doutais alors de ma réponse ; aujourd’hui elle me parait évidente : oui, certaines valeurs sont, si ce n’est universelles, très largement partagées. Je le dis et y crois parce qu’aujourd’hui, lorsque les lumières de Paris se sont éteintes, celles d’autres Pays se sont allumées en soutien.

Les mots qui me viennent en tête aujourd’hui riment avec droit à la vie, droit à la dignité, et parce que janvier 2015 résonne encore dans nos mémoires : droit à la liberté d’expression. Pour que ces mots continuent à avoir un sens, pour que ces valeurs continuent d’être partagées et qu’un jour enfin elles soient largement respectées, aujourd’hui je prends la plume.

Beyrouth, Paris, la Syrie et le monde sont assénés de coups, des vies sont enlevées et les valeurs que nous partageons attaquées. Nous nous devons de les défendre, de les protéger et de continuer à les faire respecter. Aujourd’hui le temps est au deuil, mais demain ? Après un tel drame, la peur l’emporte souvent et les dérives sont rapides. J’espère que la plupart des gens sauront se raisonner, éviter les amalgames et la haine de l’autre. Dans le cas contraire, ceux qui attaquent nos valeurs auront gagné. Parce qu’il est facile de reporter la faute sur l’étranger, parce que la peur rend les gens vulnérables, et que bien souvent pour protéger nos valeurs nombreux sont ceux capables de les bafouer, je sais que demain encore plus qu’aujourd’hui, les droits de l’Homme auront besoin de défenseurs. Mais plus que jamais, je veux croire en l’Humanité.

Tous les jours nous étudions les droits de l’Homme, et cette notion étant omniprésente, résonnant comme un leitmotiv, elle finit par nous paraître évidente. Pourtant cette semaine encore, tragiquement, il nous a été rappelé qu’elle ne l’est pas. Faire partie des étudiants de ce programme prend désormais tout son sens.

On m’a demandé si certaines valeurs étaient universelles et ce Master s’intitulant « Droits de l’Homme et démocratisation » réunit plus de 90 personnes venant du monde entier ; on m’a demandé si certaines valeurs étaient universelles et quand les lumières de Paris se sont éteintes d’autres pays les ont allumées. Ma réponse est OUI et je veux y croire. Mais j’accepte que les avis divergent et que l’on soit parfois amené à en discuter : cela s’appelle la liberté d’opinion et d’expression, et parmi tant d’autres, c’est une de mes valeurs.

 

 

I would like to first write this article in French, because today my heart is in Paris. It is in this capital city because I was born in France, but my thoughts are also with Beirut, Syria and every place in this world where terror strikes and kills.

When we arrived in Lido, one of the first questions we were asked was “Do you think some universal values exist?”. Back then, I was not sure of my answer. Today it seems obvious to me: yes, some values are, if not universal, at least common to a large extent. I say it and I believe it because today, when the lights of Paris were turned off, some other countries switched on theirs in support of us.

Today, the words that come to my mind resonate with the right to life, the right to dignity, and because January 2015 is still on our minds: the right to freedom of expression. Today I pick up my pen to preserve these rights, to make sure that these values continue to be shared by many and hopefully, someday, will be universally respected.

Beirut, Paris, Syria – the world is under attack. Lives have been taken away and the values we share are threatened. We have to defend and protect them, we have to make sure they stand firm.

Today it is time to heal, but what about tomorrow? After such horror, fear often takes the lead and it is easy to drift. I hope that most of us will be able to reason, to avoid misinterpretation and hatred for each other. If not, those who attacked our values will have won. I am aware that tomorrow, even more than today, human rights will need defenders: because it is easy to say that the fault is on foreigners, on ‘them’, because fear makes people vulnerable, and because, often, those who said that they want to protect our values are those who are able to harm them. But more than ever, I want to believe in humanity.

Every day we study Human Rights, and this notion being omnipresent, resonating as a leitmotiv, finally seems to be so evident. But once again, this week, we were reminded that it is not. So more than ever, being part of this program makes perfect sense.

I was asked if some values are universal, while this “Human Rights and Democratisation” Master gathers more than 90 people from all over the world; I was asked if some values are universal, when, while Paris turned its lights off, other countries switched their lights on. So my answer is YES and that is something I want to continue believing in. But I do accept different opinions than my own, and that sometimes my opinion is up for discussion. I’m up for that, because that is called freedom of expression, and among others, it is one of my values.

 

 

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